SIBO et IMO : comprendre ces troubles digestifs

SIBO et IMO : comprendre ces troubles digestifs

Ballonnements, ventre gonflé après les repas, douleurs abdominales, gaz, diarrhée ou au contraire constipation… Ces symptômes digestifs s’ils deviennent récurrents peuvent être difficiles à vivre et les causes multiples :

→ Intolérances aux fructanes, lactose, fructose…

→ Syndrome de l’intestin ou du colon irritable

→ SIBO, IMO…

Nous allons parler ici du SIBO et de l’IMO, comment ils se distinguent, comment ils peuvent être explorés et quelle place l’alimentation peut avoir dans leur prise en charge.

L’objectif est avant tout de comprendre ce qui se passe dans votre système digestif et d’identifier, avec l’aide d’un médecin, d’un gastro-entérologue et/ou d’un diététicien, les facteurs réellement impliqués dans vos symptômes.

Ces deux termes désignent des situations liées à une présence excessive de micro-organismes dans l’intestin grêle, mais ils ne recouvrent pas exactement la même réalité.

Le SIBO

SIBO signifie « Small Intestinal Bacterial Overgrowth », que l’on peut traduire par « prolifération bactérienne excessive dans l’intestin grêle ».

Une augmentation de certaines bactéries produisant de l’hydrogène peut être associée à des symptômes digestifs tels que :

→ ballonnements et distension abdominale
→ douleurs ou inconfort digestif
→ gaz
→ diarrhées
→ parfois constipation
→ sensation de digestion difficile ou de satiété rapide

Ces symptômes ne sont toutefois « pas spécifiques du SIBO ». Ils peuvent également être observés dans de nombreux autres troubles digestifs. C’est pourquoi il est important de ne pas conclure à un SIBO simplement à partir de symptômes.

L’IMO

IMO signifie « Intestinal Methanogen Overgrowth », ou « prolifération excessive de méthanogènes dans l’intestin ».

La principale différence est que les méthanogènes ne sont pas des bactéries mais des micro-organismes appartenant au domaine des archées.

Ils produisent du méthane lors de leur métabolisme. Une production élevée de méthane est notamment associée à un transit intestinal ralenti et à la constipation.

L’IMO peut concerner l’intestin grêle mais aussi le côlon, ce qui explique pourquoi le terme « SIBO » n’est pas toujours approprié lorsqu’une production excessive de méthane est mise en évidence.

SIBO et IMO : pourquoi cette distinction est-elle importante ?

La distinction entre SIBO et IMO n’est pas seulement une question de vocabulaire.

Les gaz produits par les micro-organismes peuvent donner des informations différentes.

→ une production élevée d’hydrogène peut être associée à des symptômes comme la diarrhée ;
→ une production élevée de méthane est davantage associée à la constipation et au ralentissement du transit.


Comment diagnostique-t-on le SIBO ou l’IMO ?

Le diagnostic repose sur l’association entre les symptômes, le contexte clinique et les examens appropriés.

Les tests respiratoires sont couramment utilisés. Ils consistent généralement à mesurer, à intervalles réguliers, les concentrations d’hydrogène et de méthane dans l’air expiré après ingestion d’un substrat, souvent du glucose ou du lactulose.

Les conditions de préparation au test sont importantes et peuvent influencer les résultats. Il est donc préférable de suivre précisément les recommandations du professionnel ou du laboratoire qui réalise l’examen.


Quelles peuvent-être les causes du SIBO et de l’IMO ?

Il n’existe pas une seule cause, plusieurs facteurs peuvent favoriser une prolifération excessive de micro-organismes ou être associés à ce type de trouble, notamment :

→ troubles de motricité

→ gastroparésie

→ neuropathies autonomiques

→ chirurgie digestive ou anomalies anatomiques

→ diverticules de l’intestin grêle

→ sténoses/Crohn

→ certaines maladies systémiques

→ certains médicaments ralentissant la motricité

Dans le cas de l’IMO, la relation avec la constipation est particulièrement importante : le ralentissement du transit peut favoriser les conditions permettant aux méthanogènes de se développer, tandis que le méthane est lui-même associé à un ralentissement du transit. Cette relation peut donc être envisagée comme un cercle qui s’auto-entretient chez certaines personnes.


Quel est le rôle de l’alimentation ?

C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes lorsqu’un SIBO ou un IMO est diagnostiqué.

L’alimentation peut avoir un rôle dans la gestion des symptômes, mais elle ne constitue pas nécessairement un traitement de la cause.

Certains glucides fermentescibles peuvent être davantage consommés par les micro-organismes intestinaux et entraîner une production accrue de gaz chez certaines personnes. Réduire temporairement certains aliments peut donc parfois diminuer les ballonnements ou les douleurs.

Cependant, réduire toujours plus les aliments fermentescibles n’est pas la solution.

Un régime très restrictif peut diminuer la diversité alimentaire et rendre l’alimentation difficile à maintenir sur le long terme. Il peut également favoriser une relation anxieuse avec les repas.

L’objectif d’une prise en charge nutritionnelle est donc généralement de trouver le niveau de restriction minimal permettant une amélioration des symptômes, puis de réintroduire progressivement les aliments lorsque cela est possible.

Le régime pauvre en FODMAPs est souvent évoqué dans le contexte du SIBO.

Les FODMAPs sont des glucides à chaîne courte et des polyols qui sont parfois moins bien absorbés et qui peuvent être rapidement fermentés dans l’intestin.

Une réduction temporaire des FODMAPs peut permettre de diminuer certains symptômes chez des personnes souffrant de troubles digestifs fonctionnels.

Mais il est important de rappeler que le régime pauvre en FODMAPs n’a pas pour objectif de soigner le SIBO ou l’IMO.

Il s’agit avant tout d’une stratégie de gestion des symptômes. Lorsqu’il est utilisé, il doit idéalement être réalisé avec l’accompagnement d’un professionnel formé, notamment pour organiser la phase de réintroduction et éviter une restriction prolongée inutile.

Une prise en charge nutritionnelle individualisée cherche plutôt à répondre à plusieurs questions :

→ Quels aliments déclenchent réellement les symptômes ?
→ Quelle quantité est tolérée ?
→ Le problème vient-il de l’aliment lui-même, de la portion ou de son association avec d’autres aliments ?
→ Comment maintenir une alimentation suffisamment variée et nutritive ?

Cette approche permet généralement d’éviter les interdictions alimentaires permanentes.


Peut-on soigner le SIBO ou l’IMO ?

Une fois le test respiratoire effectué, les résultats seront lus par votre médecin qui vous prescrira le traitement adapté. Cependant dans près de la moitié des cas il y a récidive l’année suivante. Cela est dû aux causes de ces développements anormaux de bactéries ou méthanogènes comme le ralentissement de la motricité intestinale. Il faut donc rester vigilant et consulter si les inconforts reviennent.